Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

vendredi 21 septembre 2012

Trois aracha du Concours du Kansai, faire son choix



Pour mes nouveaut(h)és (oh oh !) d'octobre, je voulais mettre la main sur un petit thé de Uji, enfin un thé du Kansai (région de Ôsaka et Kyôto) de manière plus générale, puis un matin je reçois un coup de file : "Je peux avoir trois échantillons de sencha présentés au Concours du Kansai, un de Mie, un de Nara, et un de Shiga". L'occasion fait le larron, bien sûr que cela m'intéresse.

Je reçois quelque jours plus tard les échantillons de ces thés, encore à l'état de aracha (thé brut, produit non fini).















 Je les examine "à l'aveugle" pour ne pas être influencé ni par le prix ni par la région productrice.
Tous montrent évidemment un magnifique vert. Celui de gauche présente des feuilles sèches à la forme particulière, les aiguilles sont comme un peu torsadées, pas toutes parfaitement droites, j'aime bien cet aspect. Celui du milieu est celui qui selon moi est le plus joli, mais c'est celui de droite qui a obtenu la meilleur note sur ce critère (17/20 contre 16/20).
Difficile de se faire une idée sur le parfum d'un aracha, tous très proches, mais celui du milieu m'a semblé moins profond.

Infusion méthode d'examen:
3g, 200ml, eau bouillante, 5 minutes

















L'aspect des feuilles ouvertes de celui de gauche me plait beaucoup, bien entières, de bonne taille, pas trop vert. Celui de droite n'est pas mal non, mais celui du milieu, en dépit de l'aspect des feuilles sèches, est finalement le moins entier.














Avec la cuillère grille, je hume les feuilles, là encore, celui du milieu me semble un peu creux. A droite, très pure végétalité, quelque chose d'un peu plus crémeux sur la gauche.

Enfin, au bout des cinq minutes, je sors les feuilles. Bon franchement, je pense qu'il n'y a rien à dire sur la couleur de la liqueur. C'est exemplaire avec quand même encore une fois un petit moins sur celui du milieu.
Sur le dernier et crucial plan du goût, on reste sur notre lancée, et c'est le thé du milieu, pourtant si séduisant dans son assiette noire, qui se montre le moins intéressant. C'est sans hésitation que je l'élimine, il s'agissait du thé de Nara, Tsukigase 月ヶ瀬 plus exactement.

Difficile de départager les deux autres comme ça pour moi. Donc, préparation en théière, 4g, 50-60ml d'eau a 60°C environ, 1min30.

Je goute d'abord celui de droite, profondeur, douceur, pointe de verdure stimulante, longueur..... c'est celui là !
Je goute quand même celui de gauche, dont l'aspect me plait tant. Re-profondeur, re-douceur, du plus crémeux, plus affirmé, moins orienté format concours peut être (?), mais plus de caractère. Finalement, aucune hésitation c'est celui-ci. Il s'agit d'un thé de Shiga, ville de Koka 甲賀, commune de Tsuchiyama 土山, œuvre de Ono Naomi 大野奈緒美.

Lot de 3,72 kg, 3,60 après hi-ire. Il s'agit du plus cher, mais pas du mieux noté lors du concours, en effet, c'est celui de droite, en provenance de Mie, qui avait obtenu le meilleur résultat. Les thés présentés puis notés aux concours sont ensuite vendus aux plus offrant, grossistes ou détaillants, et ainsi le prix n'est pas proportionnel à la note, chaque acheteur proposant un prix en fonction de combien il pense pouvoir le revendre, bref, en fonction de ses propres critères, basés sur ses propres goûts et finalement aussi ceux de sa clientèle, et non pas basé sur la note, c'est à dire les critères rigides des concours.
(celui de Nara est le moins bien noté, le moins cher aussi)

J'attends avec fébrilité le produit fini. J'ai demandé un hi-ire minimaliste. 
Est-il besoin de préciser que le cultivar est Yabukita ?

dimanche 16 septembre 2012

Fuji Akiyama, Inzatsu 131, cueillette manuelle

Le cultivar Inzatsu 131 de Fuji, par Monsieur Akiyama Katsuhide est maintenant un classique de ma sélection pour Thés du Japon. Il s'agit d'un sencha de type futsumushi (ou asamushi, c'est à dire à l'étuvage standard traditionnel) récolté à la main en provenance de Fuji.

Même si j'en ai déjà parlé, je rappelle que Inzatsu est un cultivar pour le moins atypique, caractériel pourrait-on dire. Il est issu du croisement entre un cultivar japonais inconnu et un cultivar de Assam, Manipuli 5. Ce cultivar se caractérise par un parfum floral très fort et agressif qui m'évoque du muguet. (Par croisement avec Yabukita, il est le père de Sôfû et la mère de Fuji-kaori).

Voici donc la version 2012.
Très fidèle à lui-même, ce sencha présente de jolies aiguilles, fines et brillantes, soyeuses. Du beau travail, Akiyama-san maitrise bien son sujet. En revanche, ces feuilles n'ont pas le vert émeraude idéal, mais un vert plus herbacé et léger, finalement caractéristique de ce cultivar et d'autres connu pour leur parfum très personnel (comme 7132 par exemple).
Le point important c'est le parfum déjà très prononcé et particulier des feuilles sèches: du floral mélanger à de l'herbe sèche.

Si les photos montrent un dosage relativement costaud, finalement, je pense qu'un dosage léger est plus intéressant, en parti pour limiter l'aspect très tannique de ce cultivar métisse de Assam.
3g, 70ml d'eau à 60°C pour commencer, pendant 70 voir 80s.

Ainsi, ce sencha apparaît léger en goût, mais pourtant le parfum est d'une force rare pour du thé japonais, on est presque prit d'assaut par ces senteurs de fleurs piquantes. Tout cela se retrouve bien sûr en bouche, mais aussi en gorge, un aftertaste magnifique qui s'installe durablement.
Ensuite, eau un peu plus chaude et une dizaine de secondes d'infusion, et Inzatsu 131 affirme alors plus fortement sa personnalité. Cette deuxième infusion, avec ces paramètres en tous cas, est formidable. Alors que sur la première la liqueur était presque aérienne, tout en senteurs, elle prend de la pesanteur sur cette deuxième infusion. Apparaît de l'astringence, mais pas de texture très tannique comme avec une préparation plus chargée. Aussi, en contre partie, la douceur de l'aftertaste déjà perceptible sur la première infusion, prend alors beaucoup plus de force, ajoutant de la profondeur à notre cortège de saveurs.
Au bouquet floral du parfum s'ajoute aussi un quelque chose de vanillé.

Sur les infusions suivantes, un peu plus longues, un peu plus chaudes, la liqueur redécolle vers la  légèreté, mais ce parfum, cet aftertaste, cette longueur restent bien au rendez-vous.
J'aime beaucoup ce cultivar, son agressivité, son parfum presque étrange, son goût à l'opposé de la recherche d'umami habituelle, même si cette douceur, cet umami montre son nez dans la longueur persistante en bouche et en gorge. Ce cultivar peut aussi déstabiliser, il faut être prévenu.