Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

samedi 29 septembre 2012

Au Centre de Recherche de Kanaya



Le 22 septembre le Centre de Recherche sur les Legumes et le Thé de Kanaya (野菜茶業研究所) organisait une journée portes ouvertes pour le grand public. Voila l'occasion de découvrir ce haut lieu de la recherche sur le thé, ou sont nés tant de cultivars et furent découvertes tant de propriétés du thé.

Kanaya 金谷 se trouve dans le département de Shizuoka, et fait parti de la ville de Shimada. Arrivée en train, ligne Tôkaidô Honsen, à la minuscule gare de Kanaya, en flanc de "montagne", surplombant la mer. C'est un bus qui m'amènera au Centre. Après cinq minute de légère grimpette, alors que je m'attends à voir la route continuer à monter, c'est une immense entendue plate qui s'étend devant mes yeux, quasi entièrement recouvert de plantations de thé, c'est le Plateau de Makinohara 牧之原台地. Pas d'immenses plantations comme à Kagoshima, plutôt une multitudes de parcelles, mais il n'y a presque que cela. Le plateau de Makinohara est considéré comme la plus grande surface cultivée de thé d'Orient, avec 5000 hectares. Il s'étale sur les villes de Shimada, Makinohara et Kikugawa, à une altitude qui varie de 100 à 200m. 
L'arrêt du Centre de Recherche apparaît tout de suite.

Diverses activités et présentations sont prévus, à commencer, pour les 25 premiers arrivés séance de malaxage à la main de thé noir, type de thé décidément bien en vogue. Le flétrissement fut  effectué auparavant, puis l'oxydation et le séchage sera effectué par les employés ensuite, qui enverrons à chacun par la poste son "chef d’œuvre".

Il s'agit du cultivar Benihomare. Au fur et a mesure que je malaxe ces feuilles, d'abord doucement puis avec force, il s'en dégage un agréable parfum de plus en plus fort.
feuilles flétries


Après malaxage














Voici le résultat après oxydation et séchage. Une bonne odeur de thé noir japonais sucrée et fruitée, sans originalité aucune, mais au moins pas écœurante comme nombre de mauvais thés noirs japonais, .
La liqueur est dans la continuité, rien d'exceptionnel mais c'est vraiment bon, enfin, si, il y a quelque chose d'exceptionnel qui le rend meilleur : c'est moi qui l'ai fait ! (oui, le malaxage seulement)















 Les immanquables démonstrations de temomi-cha (malaxage à la main du sencha) sont bien sûr au rendez vous, bien que le processus prenne cinq heures et qu'il soit difficile de tout voir. Des jeunes, futurs grands spécialistes, provenant aussi bien de Kagoshima que de Saitama se relaient au travail.


Dégustation du cultivar Haru-midori. Chaud et froid. L'infusion est un peu légère pour moi.















Démonstration du cultivar Sanruju ("Sang rouge"). Très riche en anthocyanin, les feuilles du théier sont rouges, les feuilles sèches le sont aussi mais deviennent vertes quelque temps après le séchage (pas un très beau vert). Ce qui est montré ici est la liqueur qui devient rouge mélanger à un acide (ici test avec du jus de citron, du vinaigre, et un soda). Sang Rouge produit un thé très mauvais, c'est pour ses propriétés qu'il est étudié.


Ailleurs, on trouve nombre d'informations sur les maladies du théier, sur les insectes nuisibles. La star étant un nouvel arrivant à Shizuoka, de Chine via Kyôto, qui, s'il ne provoque pas de dégâts important pour les théiers, se multiplie de manière inouïe point de voltiger durant les récoltes jusqu'à gêner la respiration et la visibilité des agriculteurs.









Visites d'usine à thé, séminaires, informations sur les propriétés du thé, les nouveaux cultivars, consulting pour les agriculteurs, etc

Pour ma part, ce qui m'a amené jusqu'ici, c'est que j'ai obtenu que l'on me fasse visiter les plantations du centre, véritable réserves de cultivars, pas seulement ceux créés ici, on trouve aussi des cultivars de Saitama comme Musashi-kaori, de Kyoto comme Goko, et nombre de cultivars étrangers, comme Qingxin Wulong. On peut se rendre alors parfaitement compte de la variété de forme et de timing de croissance entre chaque cultivars. 
Le fameux Qingxin Wulong

Dans les "cages", on étudie les insectes.

Ces deux photos, ci-dessus et ci-dessous permettent de comprendre comme différents cultivars, même japonais, peuvent être d'aspect tout aussi différents.



Plus rare encore, le centre conserve un nombre important de théiers du monde entier (même des variétés Géorgiennes) aux formes les plus étonnantes. Minuscules feuilles, feuilles énormes, rondes, allongées, pour certains on pourrait presque douter qu'il s'agisse de théiers.


Étrange disposition

Petites feuilles toutes rondes


Feuilles très allongées

Ce fut aussi évidemment l'occasion de rencontres, bref, un événement qui valait le détour. Je pense seulement qu'il aurait été intéressant d'avoir plus de dégustations de différents cultivars.
Retour programmé pour ne pas rater le bus qui redescend vers la petite gare de Kanaya, ces bus sont bien rares, mais au moins ils sont à l'heure, enfin presque.