Bienvenue à toutes et à tous

C'est avec l'ambition de diffuser de nombreuses informations sur le thé japonais que j'ai débuté ce blog. Vous y trouverez les éléments les plus importants de l'histoire du thé au Japon, ainsi que des infos sur les divers types de thés japonais, régions productrices, etc.

Aussi, vous pouvez retrouver en ligne ma sélection de thés grâce à la boutique Thés-du-Japon.com.

Très bonne lecture, j'espère que mon modeste blog donnera au plus grand nombre l'envie de se familiariser de plus près avec ce produit d'une grande profondeur qu'est le thé japonais !

English version of some posts here in Japanese Tea Sommelier blog

vendredi 19 juillet 2013

A Tokoname, galerie photos



Non loin de Nagoya, Tokoname 常滑, dans le département de Aichi est à la théière japonaise ce que Shizuoka est au thé japonais, c'est à dire à la fois le plus grand centre de production mais aussi un creuset incroyable de technicité. Quand au Japon on évoque cet objet appelé Kyusu, on pense immédiatement a la terre rouge, shudei 朱泥, de Tokoname-yaki.

A partir de Nagoya, on peut se rendre en 40 minutes environ à Tokoname par la ligne Meitetsu en direction de l'Aéroport International du Chubu.
A cinq minutes de la gare se trouve de point de départ des deux "Promenades de la poterie", A et B. Environ une heure pour la première, un petit parcours très agréable, une halte intéressante dans un voyage, entre Tôkyô et Kyôto par exemple.



Avant d'arrivé au départ de la promenade, une côte est bordée d'un mur sur lequel se trouve 39 statuettes en terre de Maneki-neko, ces chats qui apporteraient la fortune.


La promenade débute au Centre de la Poterie, qui abrite des expositions et surtout une boutique très très riche ! Ceux qui arrivent là avec un porte feuille bien rempli vont se gaver ! Non loin, de l'autre côté de la route, une grande boutique spécialisée dans les théières. Là encore, gavage !!! enfin, pour ceux qui possède un beau compte en banque ...
Pour les autres, frustration ! donc une petite promenade pour se détendre est la bienvenue ! (ceux qui ont pu se gaver peuvent directement retourner à la gare avec leur butin ? non se serait dommage tout de même)






Aux tournants de petites routes apparaissent maisons traditionnelles en bois, fours et cheminées, ou même encore ateliers de potier.








 On trouve des chemins bordés ou tapissés de pièces de terres cuites.



 Arrive ce qui est un peu le centre de la ballade, le four Tôei 陶栄窯, un nobori-gama construit en 1887, et qui fit utilisé jusqu'en 1982. C'est le plus ancien nobori-gama entier, conservé au Japon. 


















 Puis la ballade continue, ça monte, ça descend, on croise parfois les parties modernes de la ville, toujours des petites boutiques, des ateliers, des cheminées en brique desquelles ne s'échappe nulle fumé, il faut dire que les fours à gaz ont largement remplacés les fours à bois.
C'est une promenade des plus agréables, reposante pour l'esprit, car il faut dire que c'est très calme. Je ne dirais pas que c'est désert, quelques couples de promeneurs, une famille de touristes chinois, et même un groupe de jeunes filles, des étudiantes j'imagine, mais franchement, ça fait pas haut lieu du tourisme. Pourtant le site est relativement facile d'accès,  tout est bien indiqué, il y a des boutiques en tout genre, pas seulement des poteries traditionnelles, certaines proposent bien sûr des activités poterie, dessin sur terre, etc, bref, un samedi d'un week end de trois jours, on pourrait s'attendre à voir plus de monde ! Comme toujours, les japonais se savent pas mettre en valeur, ou plutôt montrer la valeur de leurs artisanats traditionnels. Aussi, tous ces petits commerces semblent bien manquer d'activité, ils ne semble pas faire des appels du pied très fort pour faire entrer les passants. 
Quant on connaît la valeur de la production des nombreux artistes géniaux en activité à Tokoname, on ne peut que penser que ce lieu mériterait d'être bien mieux en vu.





Je ne peux néanmoins que recommander un petit par cette ville, s'empreigne de son atmosphère, ressentir l'héritage des techniques artisanales, et peut être ramener à la maison quelques superbes objets ; )








                                                                                                                                              






dimanche 14 juillet 2013

Kabuse-cha de Uji, Samidori de Minami Yamashiro

Retour cette année d'un vrai et classique kabuse-cha sur TdJ.
Le kabuse-cha est un thé ombré, comme le gyokuro, mais moins longtemps (au moins 10 jours cependant, contre au moins 20 pour le gyokuro). L'ombrage à pour effet de faire augmenter la quantité d'acides aminés, théanine, dans les feuilles, rendant le thé plus doux, et surtout lui conférant un parfum particulier, appelé "ooi-ka", propre aux thés ombrés.
Néanmoins, il faut savoir que l'ombrage est pratiqué de manière très courante même sur des sencha, sans pour autant être nommé kabuse-cha. L'ombrage est alors en général moins long, et les arômes propres aux thés ombrés proprement dits (c'est à dire kabuse-cha, gyokuro, matcha) ne sont pas, ou peu, présents. Le but peut être de faire augmenter sensiblement la douceur, de donnée une plus belle couleur au thé, ou encore de réguler la période de récolte.
Revenons en à notre kabuse-cha, qui présent de très belles aiguilles, brillantes, à la couleur vert-bleu foncée propres au thés ombrés. Il provient de Minami Yamashiro, au sud du département de Kyôto, zone de production réputée, village voisin de Wazuka. Le cultivar est Samidori, cultivar destiné aux thés ombrés, ça tombe bien.
Je n'ai absolument aucune idée de comment exprimer par des mots le parfums, les arômes tout particuliers des thés ombrés, mais c'est bien ce parfum qui se dégage des feuilles, de manière légère.
Préparation en Bizen-yaki cette fois (je reviens d'un voyage express à Bizen, chez Nobuhara san, qui vient de sortir une fournée).

5 grammes de feuilles, 70ml d'eau, 60°C, 1min20. Profitons de la douceur des ces kabuse-cha.

Parfums sucrés et végétaux, rappelant vaguement les algues nori diront certains, typiques d'un kabuse-cha.
En bouche, là encore c'est très doux, mais pas écœurant, tout à fait classique, du bon kabuse, sans que les arômes "kabuse" ne prennent d’assaut  les papilles. Je dois dire que les ces saveurs partiuclières ne me plaisent guère lorsqu'elles sont trop fortes, ou trop caricaturales. Je pense que les objets en terre de Bizen sont aussi là pour modérer les attaques du thé, lui donner une unité très agréable qui le rend plus facile encore à déguster.
En arrière goût se dessine une fraîcheur un brin vanillé que j'apprécie beaucoup.
Sur plusieurs infusions, ce thé japonais reste presque un cas d'école. Douceur de la première infusion, équilibre de la seconde (attention avec ce type de thé à ne pas faire trop court), et victoire de l'astringence (fine et sans accrocs) de la troisième.  Alors apparaît en arrière goût ces arômes qui me rappellent la poire et qui me semble être une qualité du cultivar Samidori.
Ce thé permet de profiter d'un bon kabuse-cha sans excès.
On pourra le préparer de diverses façons, avec de l'eau plus chaude, moins longtemps, etc.